Partager l'article ! Visite à MONUMENTA 2010: MONUMENTA 2010 Monumenta a invité Christian Boltanski au Grand Palais. ...
MONUMENTA 2010
"Personne" c'est le titre de l'exposition que nous découvrons derrière![]()
Un grand mur de boites rouillées marquées de chiffres comme des dossiers archivés, oubliés, et qui
ne s'ouvrent pas. Plastiquement un beau mur aux tons oranges, marrons, rouge et bleus gris... mais le concept nous renvoie tout de suite aux chiffres
(ceux de la Shoah) ceux des dossiers des morts et des
vivants, numéros accrochés à l'identité de l'individu. Autant de chiffres, autant de tiroirs, autant d'individus qui disparaissent, dont on ne sait plus rien, qu'on oublie.
Les élèves attendent à l'entrée l'arrivée des médiateurs culturels qui doivent nous guider au sein de l'exposition. Derrière les vitres, " le mur" constitué de boites d'archives rouillées, numérotées.![]()
Personne en effet sinon des vêtements vides, qui furent habités, revêtus et des monceaux, étalés à plat ventre sur le sol, face contre terre, dans les allées blafardes accompagnés du son de la
circulation du sang des vivants comme les tambours de guerre, les roulements du chemin de fer, les battements du coeur. La mort et la vie en même temps. En fait ce sont les battements de coeur
des vivants.
L'artiste nous invite à enregistrer nos propres battements de coeur qui seront archivés pour le
mu sée des vivants qui se trouvera dans une ile près du japon. Pour
cela il nous faut faire une queue qui nous décourage. Finalement nous gardons nos battements de coeur rien que pour nous et nous
repartons.![]()
En tous cas, celles-là, elles sont bien contentes d'avoir le coeur qui bat
! ![]()
Au centre, l'énorme tas (5 tonnes) de vêtements assemblés sont cueillis par une énorme
pince rouge qui les attrape au hasard et les rejette, la main de Dieu et du temps indifférents au destin singulier, dit le commentateur, mais c'est aussi la lancinante et tragique répétition du
mouvement de la vie qui va et vient.
Non ! Nous n'allons pas oublier cette visite, cela ne va pas devenir un souvenir flou, qui va
s'effacer comme une vieille photo....![]()
La Gradiva est celle qui avance, toujours, malgré les épreuves et les difficultés car l'important est d'avancer. J'ai choisi La Gradiva pour exemple, tirée de l'antiquité romaine, reprise par Jensen, puis par Freud, c'est celle qui avance, suivant des degrés, toujours confiante en son destin. Mesurant ses pas, tenant compte de l'épaisseur de son passé pour aller de l'avant, cette personne aborde et conduit sa vie en écoutant ses intuitions profondes et renouvelle toujours ses energies créatrices.